Communiqué

04 septembre 2025

Agression à Langevin : le symptôme d’une Éducation nationale à bout de souffle

Mercredi 3 juillet, au lycée Paul Langevin de Martigues, un enseignant a été agressé dans la salle des professeurs par un autre enseignant à l’aide d’un couteau.

Contrairement à ce qui a été relayé par plusieurs organes de presse, il ne s’est pas agi d’une altercation entre deux collègues : les faits concernent un enseignant contractuel qui a agi de façon soudaine, inexpliquée et sans motif.

Le collègue agressé a été légèrement blessé tandis que l’agresseur a été maîtrisé par d’autres collègues présents : nous faisons part à tous de notre soutien et de notre solidarité face à cet événement sidérant.


Ce fait, qui est isolé, soulève cependant des questions graves :


Un recrutement en urgence sans contrôle suffisant :


Alors qu’en cette rentrée 2025 pas un seul établissement en France ne manque qui d’enseignants, qui de psychologue, de CPE, d’AESH, de personnel administratif et parfois même de personnel de direction, l’administration continue à faire l’autruche et à gérer la pénurie en embauchant « à la va-vite » toute sorte de personnels sans s’assurer sérieusement, notamment s’agissant des enseignants qui sont placés devant les élèves, de leurs aptitudes médicales, psychologiques et professionnelles.


Une médecine de prévention est inexistante :


En dehors d’une visite de contrôle sommaire au moment du recrutement, aucun suivi n’est assuré ni pour les titulaires ni pour les contractuels. Les personnels sont laissés seuls face à leurs difficultés, ce qui est indigne d’une grande administration et dangereux pour les élèves comme pour les collègues.


Le refus de prendre au sérieux le problème de la sécurité :


Nous avons à plusieurs reprises alerté le rectorat d’Aix-Marseille sur la problématique de la sécurité et les risques de toute sorte qui sont désormais encourus au sein des établissements par tous ceux qui s’y trouvent. Nous avons demandé à plusieurs reprises audience pour évoquer ces problématiques : le recteur ne nous a jamais répondu !


L’agression de Martigues n’est pas qu’un fait divers isolé, elle est aussi le symptôme d’un système à bout de souffle, où la gestion des ressources humaines n’est plus qu’une gestion de crise improvisée au détriment de la sécurité et de la dignité des personnels comme des élèves.


Action & Démocratie/CFE-CGC exige que soient remises à plat les conditions de recrutement des personnels contractuels et que des mesures immédiates soient prises pour garantir un véritable suivi médical et psychologique de tous les personnels.

Nous demandons également à la ministre de prendre enfin au sérieux les problèmes engendrés par une politique éducative désinvolte qui conduit l’institution tout entière droit dans le mur.