Conseil académique de l'éducation nationale (CAEN)

Déclarations d'Action & Démocratie

CAEN – 9 février 2026

« …Non, Mesdames et Messieurs, ce qui s’est passé à Sanary n’est pas un fait isolé d’autant plus sidérant que nul ne s’attendait à ce que le collège sans histoire d’une ville aux allures de carte postale soit le théâtre d’une telle violence. Au cours de la même semaine, il y a eu à notre connaissance une soixantaine d’incidents graves pour la seule académie d’Aix-Marseille, dont plusieurs pour des faits d’agression ou de menace, y compris des menaces de mort. Pendant combien de temps va-t-on faire l’autruche devant cette réalité ? Pendant combien de temps, sous prétexte d’empêcher la fameuse « récupération » de tel ou tel drame, allons-nous tourner la tête et faire semblant de regarder ailleurs ? Notre organisation syndicale de l’éducation nationale, Action & Démocratie, reçoit chaque jour les témoignages des collègues du terrain concernant ce que l’administration désigne pudiquement comme une dégradation du « climat scolaire ». Certains de nos collègues disent aller travailler « la peur au ventre ». Cette situation est inacceptable. Il est temps de réagir si l’on ne veut pas laisser des marchands de sommeil en tirer profit ou seulement si l’on est un tant soit peu attaché aux principes républicains. »

Lire la déclaration

CAEN – 19 février 2024

« Voici deux ans, à deux jours près, que la loi dites 3 DS du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation et la déconcentration a été promulguée. Avez-vous un bilan de l’impact de son application ? Nous vous invitons sinon à lire les procès-verbaux des Conseils d’administration des mois de décembre relatifs aux budgets. Vous pourrez constater qu’à l’unanimité, les personnels de direction et enseignants mais aussi les agents comptables éprouvent une profonde amertume et un fort sentiment de découragement tant l’application de cette loi produit des effets négatifs, voire pire, pour les établissements faisant de réels efforts pour gérer au mieux leurs budgets de fonctionnement et se voyant du jour au lendemain amputés de centaines de milliers d’euros, ce qui leur laisse d’un coup un fond de réserve minimal très insuffisant. »

Lire la déclaration

CAEN – 9 mars 2020

Mesdames et Messieurs, sachez que la plupart des personnels de l’éducation effectuent leur service même lorsqu’ils sont dans un état grippal avéré et avancé. Et savez-vous pourquoi ? Eh bien parce qu’ils ne sont pas absentéistes, comme cela a été établi par des services impartiaux faisant état de données qui montrent que le taux d’absentéisme dans l’éducation nationale est parmi les plus bas de la fonction publique. Or malgré cela, c’est soi-disant pour lutter contre l’absentéisme qu’on leur a imposé l’application d’une journée de carence en faisant fi des arguments de bon sens qui avaient conduit le gouvernement précédent à la supprimer. Cette mesure est en effet non seulement absurde et contreproductive, ce que chacun sait, mais les circonstances actuelles démontrent qu’elle est en outre irresponsable et potentiellement constitutive d’une mise en danger de la vie d’autrui. Les personnels de l’éducation, comme les soignants, sont en effet constamment exposés aux virus, ainsi d’ailleurs qu’aux maladies bactériennes, qui circulent et prolifèrent dans les établissements scolaires. Ils n’ont cependant aucune médecine du travail digne de ce nom, ils ne bénéficient d’aucune mesure de prévention et, alors même qu’ils subissent déjà une amputation considérable de leur pouvoir d’achat depuis plusieurs décennies, une surcharge de travail engendrée par des réformes incessantes et contradictoires qui rendent le simple exercice du métier de plus en plus problématique, un stress quotidien accru et devenu insupportable à cause de l’indiscipline qui s’est installée dans les établissements, les voilà, par-dessus le marché, récompensés de leurs services en étant privés d’un trentième de leur traitement en cas de congé maladie alors que le métier les y expose en permanence.

Lire la déclaration

CAEN – 1er mars 2019

« Les réformes qu’il vous faut mettre en œuvre font l’objet d’un rejet massif de la profession. Que ce soit la transformation du baccalauréat en certificat de fin d’études qui méritent de moins en moins ce nom, la suppression des filières de l’enseignement général et la création de spécialités qui achèvent de réduire le savoir à une option, ou qu’il s’agisse des formations professionnelles que l’on s’évertue à renommer pour accroitre leur attractivité tout en les mettant au régime sec et en leur infligeant une perte d’heures d’enseignement considérable, comme si l’acquisition des connaissances et des savoir-faire relevait désormais de la « co-intervention » du Saint-Esprit !, toutes ces réformes – où tout n’est cependant pas mauvais – ont pour dénominateur commun d’avoir été menées à la hussarde et sans réel dialogue avec la profession. Toutes ont également pour point commun d’avoir été soustraites au Parlement […] La seule instance qui ait pu se prononcer démocratiquement sur ces réformes et en faire connaître au public l’acceptation ou non de la profession est le Conseil supérieur de l’éducation. Ses avis, qui ne sont que consultatifs, n’en sont pas moins significatifs. Tous défavorables… »

Lire la déclaration