Vos témoignages et réflexions
Action & Démocratie est un nouveau venu dans le paysage syndical académique, bien décidé à y faire entendre une voix forte et différente comme il le fait au plan national depuis quelques années.
Fondé à partir du constat que les syndicats historiques avaient échoué à défendre efficacement les intérêts matériels et moraux des personnels de l’éducation nationale tous corps confondus, Action & Démocratie s’attache depuis sa création à tout mettre en œuvre pour que la profession retrouve confiance en l’action syndicale.
Loin des postures et des arrière-pensées politiques qui caractérisent d’autres organisations, nous faisons le choix de porter les préoccupations de ceux qui font vivre l’école de la République. Nous exerçons aussi une vigilance face aux dysfonctionnements de l’administration et au harcèlement moral que les personnels peuvent parfois subir tant de la part de leur hiérarchie que de leur collègue, et n’hésiterons jamais à mettre en pleine lumière les faits dont nous sommes saisis, comme ce fut le cas des conditions de travail très dégradées à la DASEN du Vaucluse entre autres.
Les témoignages que vous nous adressez sont précieux à cet égard, et ne resteront pas sans suite, quel que soit le sujet sur lequel vous souhaitez attirer notre attention et solliciter notre intervention.
Nous avons dernièrement été alertés par des collègues qui, pensant suivre dans leur établissement un stage de sensibilisation sur le thème de l’égalité entre filles et garçons, thématique républicaine s’il en est, ont dû subir pendant deux heures en guise de « formation » un atelier animé par une association faisant étalage de propos confus sur « l’identité de genre », qui n’était pas le sujet, pour ne rien dire des stéréotypes grossiers censés permettre de lutter contre les stéréotypes ! Nous reproduisons ci-dessous le témoignage d’un collègue se disant à la fois surpris et déçu par cette formation, et nous interpellons le recteur sur la nécessité d’éviter le mélange des genres, c’est le cas de le dire ! Le sujet de l’égalité ne saurait servir de prétexte à une propagande douteuse..
Retour sur un atelier de formation égalité filles/garçons
« Le collectif « régalons-nous » (ou plus exactement « rEGALons-nous », collectif d’éducation populaire féministe créé en 2017) a été invité par le référent égalité de mon lycée. Le sujet annoncé était l’égalité filles-garçons. Il y a eu un atelier de deux heures où une quinzaine de professeurs se sont confrontés à trois activités. J’y suis allé en dehors de mon service autant par curiosité que pour y confronter ma pratique. D’autant plus que dans ma matière, il y a un grand déséquilibre filles-garçons. J’ai très vite déchanté. Toutes les activités étaient orientées et centrées sur l’identité de genre, avec des situations véhiculant les stéréotypes les plus éculés, à croire que depuis que le sujet de l’égalité filles-garçon était posé, on n’avait pas avancé d’un centimètre ! »
Action & Démocratie reçoit de nombreux témoignages spontanés envoyés par des personnels de l’académie qui veulent faire part de leur combat quotidien pour défendre l’école que nous aimons, celle qui instruit, ou bien décrire leur situation, les aberrations qu’ils constatent, les espoirs qu’ils conservent.
Nous leur donnons volontiers la parole. Voici le propos très juste et désabusé, sous la forme d’un pamphlet, d’un enseignant du collège Virebelle à La Ciotat révolté par la fumisterie de l’évaluation par compétences.
Nous mettons en lien, à la suite de son article, les analyses que le syndicat Action & Démocratie a déjà consacré à ce sujet – notamment un point sur le cadre législatif et réglementaire qui permettra à ceux qui le désirent de défendre leur liberté pédagogique et ne pas se laisser imposer une évaluation par compétences dans les « bilans périodiques (c’est-à-dire les bulletins trimestriels), les modes d’évaluation des élèves pendant l’année étant laissés à la libre appréciation des professeurs.
Les ravages de l'évaluation par compétence
L’évaluation par compétences, du moins telle qu’elle nous est « proposée » par l’Éducation nationale depuis quelques années, est une vaste escroquerie dont l’effet, si ce n’est l’objectif non dissimulé, est de cacher la poussière sous le tapis, de brouiller les pistes, les repères et finalement l’esprit de tout un chacun. Il nous incombe de la combattre, car ses nombreux défauts auront, et ont déjà, des conséquences désastreuses pour notre jeunesse, et partant pour notre pays. […] J’ai voulu écrire ce réquisitoire essentiellement pour deux raisons. La première est que, ne pouvant accepter d’un point de vue intellectuel le « phénomène » de l’évaluation par compétences (j’aurais pu dire aussi le « phénomène sectaire », l’ « aberration », l’« absurdité », ou familièrement le « gros n’importe quoi »), j’avais besoin de poser bien à plat les arguments qui me font la honnir, afin d’y voir plus clair. La deuxième est que j’en ai par-dessus la tête qu’on me harcèle (bon, d’accord, le mot est un peu fort, disons qu’on essaie « de me faire culpabiliser » en me qualifiant de « réac » par-dessus le marché) avec ce très mauvais dispositif, cette soi-disant « pédagogie de la réussite », quand mon idéal à moi, depuis le début, est d’aider les enfants dans la mesure du possible à devenir des citoyens éclairés, libres autant que faire se peut, et non de fabriquer de futurs travailleurs formatés. Je dois ajouter que, malheureusement, j’ai aussi vu bon nombre de mes collègues accepter cette mascarade apparemment sans broncher, et que cela m’a beaucoup inquiété, rendu triste et fait du mal. Oui, j’ai du mal aujourd’hui, sauf bien sûr quand je suis devant mes élèves, à reconnaître mon école. Je voudrais que nous nous ressaisissions tous, que nous cessions d’obéir à des injonctions stupides, de nous soumettre à des réformes qui ne font que nous affaiblir et nous détruire, que nous redonnions à cette école une véritable force humaniste et intellectuelle afin d’éviter, chaque matin, d’avoir cette pensée furtive et affligeante qui consiste à se dire qu’on ne travaille plus pour l’Éducation nationale, mais pour la Garderie nationale.
